Ville de Schiltigheim
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De la crise de 29 à la Reconstruction

L’économie schilickoise est frappée à son tour par la crise mondiale de 1929. L’expansion ralentit chez Quiri qui fait face aux entreprises étrangères qui vendent moins cher et chez Ungemach fortement concurrencée par l’agro-alimentaire français.

 

Le chômage s’installe durablement. D’après les comptes-rendus du conseil municipal, on dénombre 105 chômeurs en décembre 1931, 217 en 1933, 400 en 1935. Le chômage baisse en 1936 puis remonte à 300 en décembre 1938 à la suite de la crise qui touche le bâtiment et l’industrie du meuble. Pour soutenir les chômeurs et les indigents, la mairie met en place des travaux de chômage et vote des crédits en 1935 et 1936 pour l’achat de combustibles.


Grèves et occupations d’usines se multiplient. En 1933, les ouvriers des brasseries se mettent en grève pour soutenir les salariés du bâtiment. En 1936, grèves à la Comessa et chez Gentzbourger. Quiri qui rejette les mesures sociales du Front Populaire est occupée en juin et juillet 1936.


La crise du logement qui sévit depuis le début du siècle est aggravée par l’arrivée d’immigrants et la forte poussée démographique de la population qui passe de 16761 habitants en 1910 à 22074 habitants en 1936. Cette situation change à partir de 1925 avec le nouveau maire socialiste, Adolphe Sorgus, qui fera construire 416 logements populaires entre 1926 et 1932. Mais ce dernier reconnaît que la « crise n’est pas encore conjurée, les logements accessibles à l’ouvrier et à son revenu continueront à faire défaut… »  (Conseil municipal décembre 1932).

 

L’Economie de Guerre (1939-1945)...

En août et septembre 1939, devant la guerre imminente, la population de Schiltigheim située dans la zone de conflit est évacuée dans le sud-ouest de la France.


Les usines stratégiques se replient à l’arrière emportant machines et un grand nombre de travailleurs. La Comessa s’installe en Charente, Chautodest en Gironde, l’Espérance à Ingwiller, Ungemach à Périgueux (mais son activité négoce reste sur place). Les ateliers SNCF de Bischheim qui emploient de nombreux ouvriers schilcikois s’installent à tours. Quiri, d’abord réquisitionnée par l’armée (à l’arsenal de Tarbes), se replie à Champigny sur Marne.


Plusieurs entreprises chargées du ravitaillement des troupes du personnel de sécurité restent à Schiltigheim : La Société anonyme du chemin de fer, Salamico (charcuterie), les encres Fatma, l’horticulteur Fritz et le restaurant « Au Coq d’Or ».


L’Alsace est annexée de fait par le Reich allemand en 1940. L’occupant instaure l’économie de guerre et oblige les industriels à travailler au service de l’armée. C’est le cas de Quiri qui livre des équipements frigorifiques, de Chautodest et de la Comessa qui fabriquent des munitions. A la Comessa, l’effort de guerre est pris en charge par des prisonniers et des travailleurs forcés venant d’Ukraine, de Hollande et d’Italie.

Les syndicats ouvriers et les instances patronales sont supprimés. Les entreprises sont placées sous la coupe des organisations nazies qui contrôlent la gestion, la production et le personnel.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Schiltigheim frappée par la crise de 1929 grévistes à la Comessa CGT juin 1936

 

Grévistes à la Comessa juin 1936 (in l'Humanité, 18/11/1966)

 

... et la Reconstruction

A la sortie de la guerre, l’économie schilickoise fait face à des problèmes de reconversion et de reconstruction. Les destructions ne sont pas trop graves : seuls trois sites industriels ou artisanaux sont démolis à 100%, quatre de 50 à 75% et quatre autres de 10 à 50% (lettre du Maire au Sous-Préfet 19 mai 1947). Les bombardements ont surtout endommagé la brasserie Pêcheur (frappée le 11 août 1944) qui reconstruit ses cuves de fermentation et plusieurs caves en 1950.
En 1945, on attend le retour de 350 à 370 soldats démobilisés. Le nombre de non rentrés est évalué en 1952 à 263 sur un total de 1200 incorporés de force dont 155 sont morts à la guerre (cité par Joseph Bernhard).

 

La pénurie frappe l’ensemble de la population qui souffre d’un manque de combustible et de nourriture. Schiltigheim est passée de 22074 habitants en 1936 à 22397 en 1946 et à 22798 en 1954. Cette stagnation étonne en regard à l’explosion démographique de l’après-guerre. Elle s’explique par les nombreux départs dus à la crise du logements, la Ville adopte des solutions d’urgence et fait construire des baraques provisoires rue d’Erstein en 1946. De même à la Comessa, les anciens baraquements qui hébergeaient les prisonniers deviennent habitations pour ouvriers.

C’est le retour à une situation de plein emploi. Le chômage, faible, touche 35 hommes et 40 femmes (Conseil Municipal septembre 1952). La situation va évoluer dans les années 1960.

 


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