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spectacle Culture
Krieg und Heimat : Correspondance d'un soldat schilikois dans la Grande Guerre

Exposition historique centrée sur le parcours du sous-officier Albert Fritz, soldat alsacien allemand durant la 1ère Guerre Mondiale

Né en 1891 dans l’Alsace prussienne, horticulteur dans le civil, Albert Fritz a tout juste 23 ans lorsqu’il est mobilisé sur le front ouest. Posté à l’arrière dans un régiment de réserve, le jeune soldat conjurera le mal du pays pendant quatre longues années en entretenant une abondante correspondance avec sa famille et ses amis.

Plus de 1 600 lettres, photographies et cartes postales ainsi que 11 carnets de guerre composent ce précieux témoignage, donné à la Ville en 2011 par le petit-fils du soldat.

La plupart de ces documents étant rédigée dans une ancienne écriture cursive allemande, un important travail de transcription a été réalisé par plusieurs spécialistes de la paléographie.

Conférences

Conférence inaugurale – Présentation de l’exposition

Vendredi 2 novembre — 18h / Halles du Scilt

L’exposition Krieg und Heimat. Correspondance d’un soldat schilikois pendant la Grande Guerre présente au public un fonds d’archives privées aussi riche qu’inédit, donné à la Ville de Schiltigheim en 2011 par les descendants d’Albert Fritz, soldat alsacien durant la Première Guerre mondiale. Les commissaires de l’exposition présenteront le parcours singulier de ce Schilikois parti défendre le drapeau allemand sur le front ouest ainsi que la redécouverte récente de ses journaux et correspondance de guerre.

Conférence par Ophélie Jouan et Sandra Dorsch, commissaires de l’exposition

Présentation d’un projet schilikois innovant d’action sociale en faveur de ses aînés

Samedi 10 novembre — 15h / Halles du Scilt

Consciente des grands enjeux que soulèvent les commémorations, la Ville de Schiltigheim a souhaité y associer pleinement ses habitants. Ainsi, un projet triennal d’action sociale a vu le jour, en collaboration étroite entre le service de l’action sociale et celui des archives et grâce au soutien financier du Département. Ce projet original vise à renforcer le lien social entre les personnes âgées et entre ces dernières et les jeunes générations (en particulier dans la perspective du partage), à rompre l’isolement des personnes âgées ainsi qu’à améliorer et enrichir la mémoire individuelle au travers de la mémoire collective.

Conférence par Danielle Dambach, Maire de Schiltigheim

La paléographie allemande dans la recherche historique sur les conflits contemporains

Samedi 10 novembre — 15h15 / Halles du Scilt

L’histoire de l’écriture en Alsace et ses particularités constituent un sujet de recherche riche. La conférence dressera un point sur le travail de l’historien face à des témoignages écrits. Elle sera suivie d’un atelier qui proposera une introduction à la paléographie allemande du début du XXe siècle avec des exercices d’écriture simples pour comprendre l’alphabet de la période.

Conférence-atelier par Christophe Woehrle, historien et transcripteur

Un trésor de la langue, les Mots des Poilus à travers leurs correspondances et leurs carnets

Samedi 17 novembre — 17h / Halles du Scilt

Les lettres et les carnets conservés de la Première Guerre mondiale constituent un patrimoine d’une valeur inestimable à tous égards, y compris pour l’étude de la langue. Ils nous livrent les mots des Poilus dans les registres les plus divers : langue populaire, argot, mots des tranchées, mots des régions de France. On se promènera dans cette langue d’hier et d’aujourd’hui à l’aide de nombreux exemples.

Conférence par Pierre Rézeau, linguiste et lexicographe

1918-1925, Paix sur le Rhin ?

Samedi 17 novembre — 18h / Halles du Scilt

Une mise en lumière des premières années de l’après-guerre en Alsace (1918-1925), à travers le vécu intime de la population. La réintégration de l’Alsace à la France, après 48 ans de gouvernement allemand, soulève en effet de nombreuses questions : que deviennent les Allemands, nombreux à s’être installés en Alsace depuis 1870 et à y avoir fondé une famille ? Quelle nationalité est attribuée aux habitants de la région ? Comment commémore-t-on les morts alsaciens, qui ont majoritairement combattu sous l’uniforme allemand pendant la Première Guerre mondiale ? Comment les élèves, dont la langue maternelle est surtout alsacienne ou allemande, apprennent-ils le français, nouvelle langue obligatoire ?

Lecture-spectacle par la Compagnie Le Talon Rouge

Les industries alsaciennes dans la Grande Guerre : quel bilan ?

Samedi 24 novembre — 14h / Maison des Sociétés

On sait que la guerre se gagne aussi à l’arrière, dans les usines. L’Alsace présente de ce point de vue deux particularités en 1914-18 : elle est allemande, mais conserve des sympathies pour la France ; elle est traversée par le front dans sa partie sud. Dans quelle mesure ses industries sont-elles intégrées à l’effort de guerre et dans quel état se trouvent-elles quand l’Alsace redevient française, ce sont deux questions auxquelles cette conférence propose d’apporter des éléments de réponse.

Conférence par Nicolas Stoskopf, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace

« Sur les traces de l’ami Fritz »

Samedi 1er décembre — 15h / Maison des Sociétés

Le parcours épistolaire et physique d’Albert Fritz sur le front ouest est tout à fait singulier. Il s’agit de présenter un aperçu visuel et incarné de l’expérience de guerre de ce jeune soldat, au travers de ses déplacements en France et en Belgique.

Conférence par Albert Schreiber, professeur agrégé d’allemand

Le retour des soldats et prisonniers alsaciens à la fin de la guerre

Samedi 15 décembre — 14h / Maison des Sociétés

La sortie de guerre des soldats alsaciens-lorrains présente un certain nombre de caractéristiques propres liées à leur destin particulier. Soldats de l’armée allemande vaincue, ils se retrouvent dans le camp du vainqueur à la faveur du rattachement de l’Alsace-Lorraine à la France. Quand, par quels moyens et dans quelles conditions retrouvent-ils leurs foyers ? La conférence abordera la question du retour des armées et des camps de prisonniers dans ce contexte de changement de nationalité.

Conférence par Raphaël Georges, docteur en histoire contemporaine

Quel avenir pour l’Alsace-Lorraine ? Réflexions franco-allemandes pour une région disputée, 1914-1918

Samedi 22 décembre — 15h / Halles du Scilt

Dès 1915, les gouvernements français successifs élaborent des projets politiques et administratifs pour l’Alsace-Lorraine, dans l’hypothèse d’une paix victorieuse. À cette fin, différents organismes sont chargés de formuler des vœux en prévision d’un possible retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France. Sur le terrain militaire, il s’agit de faire face aux problèmes politiques et administratifs soulevés par l’occupation de territoires alsaciens (Thann, Masevaux et Dannemarie) par les armées françaises. Et les débats sont vifs entre partisans d’un retour au statu quo ante et ceux souhaitant prendre en compte les évolutions survenues depuis 1871 (sur le plan législatif en particulier).

Dans le même temps, le gouvernement allemand conçoit ses propres plans pour l’aprèsguerre. Les premiers projets visent à partager l’Alsace-Lorraine entre la Prusse, la Bavière et le pays de Bade, dans le but de mieux assimiler la région. À partir de 1917, la majorité parlementaire semble toutefois privilégier une perspective d’autonomie, dans le cadre de l’empire allemand. Ces tentatives de réformes échouent pourtant les unes après les autres, sous la pression conjuguée des cercles pangermanistes, de l’étatmajor et des gouvernements des États fédérés.

À un siècle de la Première Guerre mondiale, il apparaît intéressant d’étudier ces réflexions parisiennes et berlinoises, sous un angle comparatiste, pour mieux comprendre les singularités du vingtième siècle alsacien.

Conférence par Joseph Schmauch, directeur des Archives du Territoire de Belfort

La Grande Guerre dans le Bas-Rhin : quand archives publiques et privées viennent en écrire l’histoire

Samedi 12 janvier 2019— 14h / Salle de spectacle de l’École Exen, 112 route de Bischwiller

La France dispose d’un patrimoine archivistique de premier plan : les fonds publics sont d’une grande diversité et constamment enrichis par les dons privés. Cette conférence s’intéressera à la Grande Guerre par le prisme des archives et abordera la question de la Grande Collecte initiée par le Ministère de la Culture depuis 2014 pour appeler les particuliers à remettre leurs archives personnelles aux institutions partenaires de l’évènement.

Conférence par Marie-Ange Duvignacq, conservatrice du patrimoine aux Archives départementales du Bas-Rhin

L’Alsace-Lorraine à travers les archives de la Conférence de la paix conservées au ministère des Affaires étrangères

Samedi 19 janvier 2019 — 14h / Maison des Sociétés

En 1917 était créé, à la demande d’Aristide Briand, alors président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, un comité d’études en vue de déterminer, d’après les données de la géographie et les leçons de l’histoire, les bases du futur traité de paix. Lorsque Clemenceau arriva au pouvoir, un volume de plus de 450 pages concernant l’AlsaceLorraine était prêt. Ce volume permit aux négociateurs de la conférence de la paix de rédiger la section V du traité de Versailles consacrée à l’Alsace-Lorraine. Les archives de la conférence de la paix, en cours de restauration, permettent de mieux connaître le travail des négociateurs dont cette section constitue l’aboutissement.

Conférence par Isabelle Richefort, conservatrice générale du patrimoine, directrice adjointe des Archives diplomatiques, et Séverine Blenner-Michel, conservatrice en chef du patrimoine aux Archives diplomatiques

Les Alsaciens-Lorrains dans la Grande Guerre

Samedi 26 janvier 2019 — 14h / Maison des sociétés

Cent ans après les événements il n’est plus possible de se contenter d’une vision « à la Hansi » des Alsaciens et des Lorrains annexés dans la Première Guerre mondiale. Leur histoire est beaucoup plus nuancée et multiforme. Si certains rejoignent l’armée française, d’autres s’engagent dans l’armée allemande et l’écrasante majorité répond à l’ordre de mobilisation du Kaiser. Alsaciens et Lorrains servent sur tous les fronts de l’armée allemande. Placés sous dictature militaire, les civils sont confrontés à un régime de vexations. La misère, la faim et la maladie font des ravages au sein des populations en 1917-1918. Suspects pour les deux camps – certains francophiles sont proscrits par les Allemands, tandis que les Français en internent d’autres –, les Alsaciens-Lorrains font néanmoins, sauf de nombreuses exceptions, preuve de loyalisme vis-à-vis de l’Allemagne.

Bien que s’étant maintenus dans le sud de l’Alsace après leur offensive d’août 1914, les Français n’occupent l’ensemble du Reichsland qu’en novembre 1918. À la faveur de « l’éblouissement tricolore », le président Poincaré estime que le « plébiscite est fait ». Sur fond d’expulsion des « indésirables » se posent toutefois avec acuité les questions scolaire, religieuse, linguistique et sociale. On sent poindre le « malaise alsacien »

Conférence par Jean-Noël Grandhomme, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lorraine