Les Résistants de la Rose Blanche
La Mairie de Schiltigheim a accueilli à la fin 2011, une exposition consacrée aux jeunes résistants allemands du groupe dit de la Rose Blanche. Mise à disposition par la fondation du même nom à Munich et présentée dans sa version française, cette exposition est importante puisqu'elle aborde une page parfois méconnue de la Deuxième Guerre Mondiale.
Ils furent 5 : des jeunes étudiants – une fille et trois garçons – et leur professeur, qui ont eu le courage de défier le nazisme. Leur acte de résistance a été singulier puisque leurs armes, c’était des feuilles de papier, plus précisément 6 tracts appelant la population allemande à se rebeller contre la barbarie, entre juin 1942 et février 1943. Leur combat fut héroïque, parce qu’ils agirent dans un climat extrêmement hostile où n’importe quel geste, n’importe quel fait, n’importe parole était susceptible de provoquer l’arrestation, la prison ou pire, le camp de concentration et la torture. Leur combat résulte aussi d’une prise de conscience. Au départ, lorsque la dictature s’est installée en Allemagne, certains d’entre eux ont été, comme la majorité des Allemands, aveuglés par le discours d’Hitler et de ses sbires.
Sophie, Alexander, Christoph, Willi et Kurt Huber
D’une certaine manière, on va dire que Sophie, Alexander, Christoph, Willi et Kurt Huber, le professeur, ont fait partie de la petite minorité des « Allemands hésitants ». Originaires de Munich, capitale proclamée du mouvement nazi, enrôlés dans les « jeunesses hitlériennes », envoyés sur le front de l’Est, ils vont, dans un premier temps, face à l’inhumanité du troisième Reich, se réfugier dans un cénacle qui va leur servir de refuge, où ils s’adonneront en cachette à la lecture et aux réflexions communes. Par la suite, viendra le moment de la lutte active où leur vie sera continuellement en danger.
C’est l’ignominie des massacres perpétrée à l’égard des populations civiles notamment en Pologne qui va les faire réagir, tout simplement parce que leur valeurs ne leur permettaient pas de rester sans rien faire.
Leurs valeurs étaient profondément humanistes. Issus pour la majorité d’entre eux de milieux favorisés, ils ont eu la capacité de faire des études. Ils ont été des intellectuels et leur système de pensée, puisant dans la philosophie, dans leurs convictions religieuses ou dans la lecture de certains auteurs français, était en totale opposition avec ce qui se passait dans l’Allemagne d’alors.
Rosa Blanca
A cet égard, le nom donné à leur groupe est révélateur. Il témoigne de leur passion pour la culture puisqu’il est inspiré des romances espagnoles de Clemens Brentano intitulées « Rosa Blanca ».
Sophie, Alexander, Christoph, Willi et Kurt et quelques autres n’ont pas reculé. L’arme de papier qui a été la leur n’a pas été dérisoire puisqu’elle va se propager bien au-delà des murs de l’université de Munich et influencer d’autres cercles de résistance, dans d’autres villes allemandes.
Leur refus du totalitarisme, leur coutera la vie. Le 18 février Sophie et Hans sont dénoncés par un employé de l’université. Accusés de « soutien perfide de l’ennemi, préparation à la haute trahison et désagrégation des forces armées », ils sont guillotinés avec Christoph, le 22 février.
Le 19 avril, c’est autour de d’Alexander, de Willi et de Kurt Huber d’être condamnés à mort. La sentence sera appliquée, là aussi, le jour même.
Après leur mort, l’aviation alliée va déverser un de leur tract reproduit à des milliers d’exemplaires, sur les villes allemandes pour tenter d’ouvrir les yeux à la population allemande et précipiter la chute du Reich.









